Blue Beauty

Au delà du vert, il y a le bleu. Après la green beauty s’annonce la Blue Beauty, un monde cosmétique encore plus clean, éthique et inclusif.

Par Cecile Guerrier Publié le 24 mars 2020 Partager

Beyond green, beyond clean…

Avec la green beauty, il était question d’un retour au naturel, d’une beauté bucolique et bio, une prise de conscience de l’écologie de la peau. Cette vague verte a amorcé un retour aux ingrédients issus des plantes, des fleurs, des produits de la ruche ou de la ferme, afin d’offrir à la peau une alternative healthy, exempte de polluants. Puis le vert a pris le chemin du clean: transparence des ingrédients (naturels ou pas), où et comment ils sont récoltés, fabriqués, quelles ressources sont utilisées… La blue beauty va encore plus loin: elle englobe ces notions en ajoutant une nouvelle prise de conscience circulaire qui concerne la santé de la planète car tout être vivant absorbe les polluants rejettés dans la nature…

« La beauté est l’éternité qui se regarde dans un miroir, mais vous êtes l’éternité et vous êtes le miroir » / « Beauty is eternity gazing at itself in a mirror, but you are eternity and you are the mirror » (Kahlil Gibran)

Être vert et devenir bleu

Comment contribuer au bien-être de l’environnement et des océans en repensant le cycle de vie d’un produit jusqu’à sa fin ? En le rendant éco-responsable de A à Z: process de transformation, de production, de dégradabilité, impact carbone, économie circulaire… « La Blue Beauty, c’est lorsque les marques cosmétiques prennent des initiatives qui vont au-delà d’être durables, non toxiques ou vertes, et qui contribuent d’une manière ou d’une autre, à la santé de la planète » résume Kapua Browning, fondatrice de Honua Hawaiian Skincare. L’appauvrissement des ressources naturelles et la dépendance aux modèles traditionnels de production industrielle amènent à se soucier autant de ce qui compose les produits que de l’implication éthique des marques qui les fabriquent (la plateforme « Project Blue Beauty » recense les marques cosmétiques bleues et leurs engagements). 

La blue beauty ne se restreint pas aux ingrédients et actifs issus de la mer (des racines aux feuilles, l’arbre du moringa possède une croissance rapide et est une matière première 100% biodisponible). Cependant les macro-algues et les micro-algues sont des pistes prometteuses, à condition, là encore, d’envisager un approvisionnement durable et responsable -via des fermes aquacoles et biotech (Heliae, Seppic, OceanBasis…), pour éviter l’épuisement de ces ressources.

Hair bag. En partenariat avec des salons de coiffure, les associations «Coiffeurs justes» et Matter Of Trust recyclent les cheveux coupés pour créer des filtres anti-marées noires.

Cosmétique « Reef friendly »

Aujourd’hui, nul n’ignore les dommages que créent les filtres solaires sur la faune et la flore marine. Ils participent à la disparition des coraux, et au fil de la chaîne alimentaire, se retrouvent dans notre alimentation, dans notre organisme. Tout comme les matières plastiques.  

En 2021, Hawaï interdira sur ses plages des solaires aux composants nocifs pour la bio-diversité. Les fabricants devront inclure dans leurs écrans UV des ingrédients respectueux des récifs, c’est à dire exempts d’oxybenzone, d’octocrylène, voire d’oxyde de titane, communément utilisés depuis des décennies. Si les formules deviennent « reef friendly », il va de soi que leurs packagings devront également être éco-responsables…

>> Avasol Responsible Suncare, Love Sun BodyBabo Botanicals , REN, EIR, MDSolarSciences, Raw Elements, ErbaViva, One Ocean Beauty

Solaires Avasol Suncare: formules reef friendly et packs 100% biodegradables.

Packagings bleus

80 % des déchets marins proviennent des activités terrestres, 75% d’entre eux sont des déchets plastiques.Protéger la planète et ses océans, s’orienter vers des packagings « zéro déchet » interroge de nouvelles formes de sourcing, d’innovation, de conception et de fabrication dans la lignée du « restorative design ». Soit créer des emballages vertueux, 100% compostables ou recyclables, avec des bio-matériaux. De nombreuses pistes sont déjà explorées à base d’algues vertes toxiques (voir les recherches des algo-designers Samuel Tomatis et Margarita Talep), de déchets Industriels d’algues brunes (Algopack). Mais aussi de déchets verts: épluchures, fleurs fanées, branchages, feuilles mortes, ou encore de champignons (Myco Foam, Myco Composite).

Bio-plastiques. Projet « Desintegra Me » de Margarita Talep.
Projet Alga Samuel Tomatis 2019.

Crédit image de couverture : © Margarita Talep Projet Desintegra Me

Tags: #écosystème #Sustainable #cleanbeauty #ressources #reeffriendly

Poursuivre
l'immersion

Next

Niksen, le nouveau concept slow life

A l’heure d’un confinement mondial, « Niksen », le dernier concept wellness importé des Pays-Bas, embrasse plus que jamais l’oisiveté décomplexée.

more

Activewear eco-friendly : 6 labels à connaître

Alors qu’il occupe une place de choix dans le marché du vêtement, l’activewear devient à son tour un exemple d’écoresponsabilité. Six marques dans le radar NellyRodi.

more