Niksen, le nouveau concept slow life

A l’heure d’un confinement mondial, « Niksen », le dernier concept wellness importé des Pays-Bas, embrasse plus que jamais l’oisiveté décomplexée.

Par Soège Lecocq Publié le 30 avril 2020 Partager

Alors que plus de la moitié de la population mondiale est confinée chez elle, le mantra hollandais qui rebaptise l’ennui en une rêverie productive et créative, devient le symbole du bien-être d’une société temporairement à l’arrêt. Un nouveau rituel wellness qui vise à réintroduire la culture de l’oisiveté dans nos vies, et tend à renouer avec les plaisirs primaires du quotidien.

Busyness

Chaque seconde de notre temps libre est accaparée par la chasse à la productivité, encouragée par une société qui pratique le culte de l’hyper-activité. Une sur-sollicitation soutenue par les écrans qui inondent nos vies de nouvelles connexions sociales et de nouveaux flux d’activités. 

Résultat : les retombées sont en passe de devenir des problèmes de santé majeur. Selon une étude publiée fin 2019 par Blue Cross Blue Shield, la santé mentale des millennials – la « Génération Burnout » – continue de se dégrader, la dépression ayant été diagnostiquée avec une augmentation de 47% au cours de ces six dernières années. Et l’emploi y est pour beaucoup : une étude américaine publiée par Forbes affirme que deux employés sur trois ont connu un épuisement professionnel au cours de la dernière année. 

© Jasmine Deporta : Sofa Safari

À ce contexte alarmant vient s’ajouter une nouvelle crise, cette fois d’ordre sanitaire. Mi-avril, 4.5 milliards de personnes sont appelées à rester chez elles pour faire face au Covid-19. Une situation inédite qui nous oblige à entamer une réflexion sur nos habitudes, et sur les moyens d’appréhender une approche plus holistique du bien-être afin de ne pas sombrer dans l’anxiété et la déprime.

Se libérer de toute stimulation

Niksen ne laisse place ni à l’ennui, ni à la paresse, ni aux moyens de décompression contemporains qui participent à la quête incessante d’optimisation physique et mentale (sport, méditation…). 

Il encourage plutôt la pratique du « néant » qui consiste à laisser le cerveau se décharger de la sur-stimulation à laquelle il est confronté au quotidien, avec un but unique : faire le vide. 

Dans son livre « How To Do Nothing: Resisting the Attention Economy », l’artiste et écrivaine américaine Jenny Odell dénonce le chaos provoqué par l’« économie de l’attention » et chante les louanges de la contemplation. Plutôt que de prôner l’augmentation de la productivité comme mesure de qualité de vie qu’elle juge destructrice, elle préconise la rêverie et la délibération comme les remèdes salvateurs du bien-être mental. 

De son côté, la chercheuse britannique Sandi Mann explore les bienfaits des temps de pause dans son livre « The Upside of Downtime: Why boredom is good » et décrit la dérive cérébrale comme un catalyseur d’humour, de plaisir, de réflexion, de créativité et d’inspiration.

Un antidote contre l’anxiété, une cure de jouvence pour la créativité

Des vertus confirmées par plusieurs études qui démontrent que la pratique du Niksen durant de courtes périodes tout au long de la journée, permettrait de réduire l’anxiété, de renforcer le système immunitaire, et de ralentir les signes physiques de vieillissement. Mais pas seulement. Elle peut participer à l’augmentation de la productivité. 

Une étude menée en 2012 démontre que lorsque notre esprit vagabonde, il nous permet de trouver l’inspiration et la créativité dont nous avons besoin pour atteindre nos objectifs, tout comme le cerveau a besoin de prendre du recul pour clarifier une action.

Une théorie également validée par Naoko Yamamoto, directrice générale adjointe de santé à l’OMS, qui explique que l’inspiration se trouve presque tout le temps dans les moments d’inactivité. Notamment lorsque nous sommes sous la douche ou lorsque nous faisons la vaisselle. De la même façon qu’il est nécessaire pour les enfants de s’ennuyer pour développer leur imagination.

© Nobu Ryokan Malibu / @beatrice.gutu

Accepter l’oisiveté

Il est donc temps de renouer avec l’état d’oisiveté, et de déconstruire les idées préconçues sur l’inactivité souvent qualifiée d’acte de paresse. La définition du bien-être implique désormais que « ne rien faire », revient à investir dans son futur, sa santé et son bien-être. À la lumière de ce changement, les marques développent des produits et expériences qui soutiennent ce type de ralentissement. 

En 2018, la marque de matelas Casper lançait notamment The Dreamery, un salon à siestes qui encourage les pauses entre deux rendez-vous ou à n’importe quel moment de la journée. 

D’autre part, et aujourd’hui plus que jamais, Niksen va de paire avec rester chez soi. Un mode de vie adopté par les millennials, et ce bien avant la période de confinement puisqu’en 2016, 72% d’entre eux avouaient préférer rester à la maison le week-end plutôt que de sortir. 

L’état d’esprit JOMO (« joy of missing out ») entraine alors la renaissance du homebody avec l’émergence de nouvelles marques qui explorent un nouveau homewear. Plus sophistiqué, qui inspire l’hibernation, le loisir et le sommeil confortable. 

© OFFHOURS
@noplansnyc

C’est l’exemple d’OFFHOURS, la marque d’« inactive-wear » qui transforme le manteau en un duvet 2-en-1, et permet de passer du canapé aux courses en quelques secondes. Dans le même esprit, les vêtements de nuit No Plans célèbrent les pauses du soir, « de 21h à 5h, lorsque l’on est au meilleur de soi-même – pas dérangé,  désinhibé, et merveilleusement imparfait. ». 

Des lignes qui prennent le virage de la décélération consciente et contrecarrent la culture du get-up-and-go.

Crédit image de couverture : © OFFHOURS

Tags: #créativité #inspiration #wellness #Niksen #Confinement #Cosyness

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